Arnaud Rossier - flySUN

Quand les montagnes touchent le ciel.

Portrait / 7 minutes de lecture

Dans le ciel valaisan, au cœur même du Val de Bagnes, une nouvelle compagnie d’hélicoptère prend son envol. Aux commandes, Arnaud Rossier. Le pilote de trente-six ans réalise son rêve d’enfant en décrochant sa licence de pilote hélicoptère à tout juste vingt ans. A son actif, seize ans de vols privés, commerciaux ou encore comme instructeur. Autant dire qu’il vole depuis « presque » toujours.

Mais avant d’accompagner sa clientèle dans les airs sous les couleurs de flySUN, la carrière professionnelle du Bagnard l’a emmené sur un chemin complètement atypique entre ici et la Chine.

Portrait d’un passionné au parcours de vie loin de tout stéréotype.

 

Une trajectoire professionnelle à nulle autre pareille. Si Arnaud Rossier a fait de sa passion l’un de ses métiers, il a aussi choisi de suivre une voie universitaire, en géographie physique. Il étudie la climatologie, la glaciologie, le relief terrestre et les sols. Les montagnes touchent bel et bien le ciel du Bagnard. Master en poche, il ne s’arrêtera pas là pour autant. Il se sait une âme d’entrepreneur, décroche un second master en gestion d’entreprise et débute sa carrière professionnelle au développement économique de l’Etat du Valais. «J’ai rapidement su que je ne m’y épanouirai pas à long terme. J’avais du mal à rester «côté employé». Je voulais faire trop de choses. J’allais trop vite. J’en voulais plus. Comme pour le métier de pilote, si j’ai toujours volé en freelance pour des compagnies d’hélicoptères ou des privés, j’ai fait le choix de ne pas être à plein temps dans ce domaine. Une façon de garder la passion intacte.»

Une rencontre qui change tout. L’été 2016, il est contacté par un ami valaisan: une délégation venue tout droit de Chine parcourt plusieurs destinations alpines en vue des JO de 2022. Les Chinois sont à la recherche d’un spécialiste de l’enseignement du ski.

Le Bagnard a passé tous ses hivers lattes au pied. Ses études universitaires et licences d’hélicoptères (privée, professionnelle, de montagne) ont d’ailleurs été financées par l’enseignement du ski. Il a aussi travaillé pendant dix ans comme formateur pour les futurs professeurs de ski en Suisse, et aujourd’hui encore il est membre de l’Ecole Suisse de Ski de Verbier. Autant dire que ce sport fait aussi partie de son ADN.

Arnaud Rossier sera leur homme.

Invité à Zhangjiakou dans la province chinoise de Hebei par la vice-ministre des sports, il y rencontrera ceux qui deviendront ses partenaires actuels et se retrouvera propulsé dans le faramineux projet de station de ski chinoise, SNOWLAND: 35’000 lits (la capacité de Verbier), 240 km de pistes et un aéroport. Le tout sorti d’une «page blanche».

En Chine, les choses se font parfois un peu à contresens: «La page blanche se trouve être une surface de quelque 250 km2. Terre brute à redessiner entièrement. On se sent alors un peu comme des pionniers. On commence par construire des routes d’accès, tirer l’électricité, les arrivées d’eau, les évacuations. On creuse les tunnels, on rajoute un ascenseur de 650m de haut pour atteindre le sommet du domaine skiable. Puis sortent du décor, deux hôtels et un parcours de train à crémaillère. En Chine, on a encore un peu le droit de rêver comme on a pu le faire chez nous, il y a une centaine d’années lorsqu’on a construit la Jungfrau ou le train menant au Gornergrat.»

Le regard que pose Arnaud Rossier sur la Chine, nous montre les aspects d’un pays peut-être quelque peu méconnu. Un pays qui a encore des rêves à réaliser et qui le fait avec l’aide de son gouvernement bien souvent.

Aujourd’hui, il travaille sur le projet Snowland pour toute la partie HEMS (Helicopter Emergency Medical Service) très peu développée là-bas, pour l’aviation touristique, la formation spécifique des pilotes chinois ou encore pour les remontées mécaniques et le matériel de ski. Il fournit une expertise suisse tous azimuts, et facilite la mise en contact avec les entreprises européennes à la pointe de la technologie dans le monde des sports d’hiver (comme TechnoAlpin pour les canons à neige, Prinoth pour les dameuses, Garaventa pour les remontées mécaniques).

Et de cette expérience aux couleurs de la Chine naîtra un partenariat avec l’un des premiers milliardaires du pays. Un pur éclectique, à la tête du projet Snowland entre autres, et passionné d’aviation lui aussi. Ensemble ils fondent Snowland Europe SA qui sert de véhicule à toutes les activités proposées en Europe et livrées là-bas.

De leur passion commune pour les airs, naîtra flySUN. «Un jour, mon partenaire m’a dit: on va acheter un hélicoptère. Et quelques semaines plus tard, on partait pour Marignane dans les Bouches-du-Rhône, récupérer la machine. C’était il y a trois ans et demi.»

Depuis l’été dernier, le monomoteur Airbus H125 vole sous la marque flySUN, partie intégrante de la société bagnarde 1934 AVIATION SA. La compagnie propose des vols sur mesure dans des paysages uniques, des Alpes jusqu’au Sud: vols de plaisance, taxi, héliski ou encore prises de vues aériennes. Ou pour une clientèle exclusive, qui désire optimiser son temps dans ses déplacements, avec un service personnalisé, ponctuel, de qualité et discret. C’est pourquoi SCHMIDT est très heureux du partenariat exclusif qui la lie à flySUN et de pouvoir ainsi proposer à sa clientèle, les services de la compagnie d’aviation pour ses déplacements au départ et à l’arrivée de Verbier.

Voler avec flySUN c’est aussi s’offrir un moment d’émotion et une expérience globale unique, en famille ou entre amis, avec des déposes exceptionnelles, dans des endroits rêvés et souvent inaccessibles pour la plupart. «En seulement trente minutes de vol, au départ de Sion, on peut faire le tour du Cervin, ou encore depuis le Châble on vole autour des Combins et du massif du Mont-Blanc. Une dépose sur un glacier avec un apéro aux produits du terroir ou une fondue ; l’offre est vaste et le panorama toujours époustouflant.»

 

Les passagers d’Arnaud Rossier ont la chance également de pouvoir profiter de ses connaissances scientifiques. Le pilote-géographe partage volontiers avec sa clientèle, des explications sur la géologie, les glaciers, les roches et sur tout l’aspect historique des changements observés. S’il n’est pas question d’abuser ou encore de minimiser les problèmes écologiques ou de protection environnementale, ce père de cinq enfants, observe le climat selon des études scientifiques s’étendant sur plusieurs cycles, plusieurs milliers d’années même, sans tirer de conclusions hâtives. Il fait volontiers – en toute connaissance de cause – le parallèle du bilan carbone de l’industrie du vol en hélicoptère avec d’autres exemples bien concrets de consommation diverse. «Présenter une vision plus large, sans a priori. Consommer moins de ressources non renouvelables tout en étant plus respectueux, oui. De là à faire porter toutes les responsabilités à l’Homme... En l’an mille, on passait sur certains glaciers à pieds secs, dans ce qui était alors une forêt. L’être humain seul n’influe pas sur notre planète, bien d’autres facteurs entrent en jeu comme l’axe de rotation de la terre, la distance terre-soleil, les éruptions volcaniques ou encore les courants océaniques par exemple.» Une mise en perspective qui permet aussi de poser un autre regard sur la problématique du climat, sans bien évidemment relativiser la chose.

La clientèle aime cette plus-value. Le Valaisan n’est pas seulement un pilote qui a toujours rêvé de voler: c’est un passionné, perfectionniste, généreux, qui a réalisé son rêve soit, mais qui aujourd’hui encore, a le regard qui brille quand il évoque son parcours et son plaisir de pouvoir évoluer dans ce monde fait de rencontres aussi différentes qu’intéressantes.

 

Plus d'informations sur : www.flysun.ch