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L’offre AirBnB rivalise avec la capacité hôtelière en Valais

Une récente étude de l’Observatoire valaisan du tourisme (Tourobs) montre l’ampleur du phénomène Airbnb en Suisse. Forte d’une croissance ininterrompue au cours des dernières années, la plateforme de location touristique propose aujourd’hui près de 50 000 objets dans tout le pays.

Ceux-ci ont engendré l’an dernier des revenus estimés entre 250 et 500 millions de francs. De quoi susciter bien des convoitises, surtout lorsque l’on sait que dans le contexte actuel, le recours à cette plateforme permet de générer des recettes plus rapidement que ne le permettrait un bail traditionnel.

Une nouvelle concurrence

De nombreux bailleurs et investisseurs ne s’y sont pas trompés. En effet, le service d’Airbnb, présenté à l’origine comme de l’économie de partage, s’est largement professionnalisé. L’étude montre ainsi que la part de loueurs «amateurs», à savoir ceux qui ne proposent qu’un seul bien pour une durée inférieure à 120 jours par an, s’est réduite petit à petit. Cette dernière a laissé la place à une offre professionnelle ou semi professionnelle, constituée de loueurs proposant un ou plusieurs biens sur des durées plus longues. Ces profils représentent à l’heure actuelle la majorité de l’offre disponible. Une tendance de fond qui n’est pas sans conséquences. Le marché de l’hôtellerie est le premier concerné par cette concurrence nouvelle, qui joue selon ses propres règles.

En Valais comme dans les zones touristiques

Si l’essor d’Airbnb est particulièrement marqué dans les grandes villes et les zones touristiques, la configuration diffère grandement d’une région à l’autre. Ainsi, le canton du Valais fait figure d’eldorado pour la firme californienne. Il centralise à lui seul 28 000 lits en location, le classant à la première place à l’échelle du pays. L’offre Airbnb y rivalise avec la capacité hôtelière. Cette situation ne suscite pourtant pas les mêmes levées de boucliers qu’ailleurs. La plateforme y est même vue comme un allié, contribuant à réchauffer les très nombreux lits froids du canton.

Vers un durcissement de la loi?

Dès lors, Airbnb serait-il une aubaine pour le Valais? Certains y voient un canal supplémentaire qui contribue à promouvoir la région et à attirer une clientèle nouvelle. Du reste, l’hôtellerie valaisanne se porte bien et ne semble pas souffrir du phénomène. Il n’en demeure pas moins que le modèle Airbnb échappe à un certain nombre de règlements et de taxes qui s’appliquent aux hôtels traditionnels. Rien d’étonnant à ce que certaines voix s’élèvent pour réclamer un durcissement de la loi.

Pour quel prix?

Enfin, concernant la problématique des lits froids, la plateforme de location en ligne n’est pas une panacée. Certaines destinations se distinguent et bénéficient d’un rayonnement nouveau. D’autres, au contraire, peinent encore et toujours à se remplir, et les logements situés en plaine sont globalement peu touchés. Autre point, et non des moindres: une étude de la RTS révèle qu’à l’arrivée, le prix de la nuitée est quasi systématiquement plus élevé en passant par Airbnb plutôt que par les canaux classiques. Une conclusion somme toute logique, au vu des commissions prélevées par la firme californienne sur chaque transaction.

Grégoire Schmidt